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 | Sujet: You're going back to hell. Now. ϟ Luke S. Matthews Dim 14 Aoû - 19:40 | |
| ►Luke Stanley Matthews◄ 24 ans ─ Australien ─ Célibataire ─ Chasseur © OBSESSION
Intelligent ♣ Renfermé ♣ Perspicace ♣ Curieux ♣ Inventif Sang Chaud ♣ Très bon combattant ♣ Ironique ♣ Débrouillard ♣ A l'écoute des autres
Appartement des Matthews, Melbourne, Australie – 27 mai 1994 Je me réveille en sursaut. Dans la pièce à côté, des pleurs. Puis un bruis sourd. « Papa ? » Pas de réponse. Je me lève d'un bon et me précipite dans le salon. Mon père est agenouillé en pleins milieu de la pièce, et il se balance d'avant en arrière, en pleurs. Je reste figé sur place, au début. C'est la première fois que je vois mon père pleurer, et se sera d'ailleurs la dernière. Très vite, je reprends mes esprits, et des détails ne m'échappent pas. Le téléphone est posé devant lui et l'une des chaises en bois qui constitue notre mobilier a valdingué en travers de la pièce. « Papa ? Papa, que se passe t-il ? Papa ! » Ma voix se fait pressente, inquiète. Mon père tressaille, et relève la tête vers moi, comme s'il venait de se souvenir de mon existence. Dans ses yeux se lit la souffrance la plus totale, une souffrance que moi, gamin de neuf ans ne comprends pas encore. Je recule d'un pas sans le vouloir, effrayé. Il ouvre la bouche, et les larmes s'échappent de mes yeux, au fur qu'il parle. Je le supplie même d'arrêter. Je ne peux pas en entendre plus. Je ne comprend plus ce qu'il me dit, les mots qui sortent de sa bouche ne sont plus que de vagues bruits sans aucun sens. Je m'appelle Luke, j'ai bientôt dix ans, et ma mère, partie aux États-Unis pour son travaille, viens d'être sauvagement assassinée.
Aéroport International de Portland, Portland, Oregon, États-Unis – 12 septembre 1994 Je traine avec difficulté mes valises jusqu'à la sortie de l'aéroport. Une fois dehors, je lève la tête et grimace. Le soleil d'Australie me manquait déjà dans l'avion, et ce n'est pas les nuages qui s'amoncèlent au dessus de ma tête qui vont arranger les choses. Je ravale ma salive, et contient avec peine la boule qui m'obstrue la gorge. Ne pas pleurer. Surtout, ne pas pleurer. Ce n'est pas chose facile. Depuis le meurtre de maman, tout est sans dessus dessous. Mon père est comme détruit. Il ne parle plus que quand c'est nécessaire, se rappelle à peine de mon existence. Il passe son temps au téléphone, et rencontre des gens bizarres dans le salon. Quand ça arrive, il m'enferme dans ma chambre. J'essaye d'écouter à la porte, mais ils ne cessent de chuchoter. Parfois, j'aperçois des cartes, et souvent, un carnet qui se remplis un peu plus chaque jour. Puis il commence à parler de voyage. Peu de temps après, le voyage se transforme en déménagement. Au début, je ne comprends pas bien. Puis j'entends les mots États-Unis, Oregon, appartement pas chers... Et puis, très bonnes institutions pour le petit, aussi. Je me souviens très bien de cette phrase. Bref, nous devons quitter Melbourne, mais pas que. On doit carrément partir à l'autre bout de la Terre. Mes amis, le soleil d'Australie, les vagues de l'océan Pacifique, mon entraineur de natation, sa fille de onze ans si jolie, j'ai du tout quitter pour Portland, plus grande ville de l'Oregon, État qui se situe juste au dessus de la Californie, mais qui apparemment préfère la pluie au soleil. Et ce n'est pas cette couche de nuage grisâtre qui démentira mes propos. Je secoue la tête. Ne pas pleurer. « Luke ! Dépêche-toi un peu ! » Je reprends mes bagages et cours pour le rattraper. Il se dirige à grandes enjambées vers un taxi, un peu plus loin. Je cours, mais j'ai mal aux bras, les valises sont lourdes. Soudains, je trébuche sur le sol inégal, et m'étale de tout mon long sur le trottoir. Ne pas pleurer. Mon père se retourne brusquement et se met en colère : « Luke ! Fait attention ! Je n'ai pas de temps à perdre avec tes bêtises ! Arrête de faire l'enfant ! Il pose ses bagages devant le taxi, se dirige vers moi, et arrivé à mon niveau, me soulève d'un bras tout en attrapant une valise de l'autre. -Prends la deuxième. Tu es faible, mon garçon, il va falloir faire autre chose que de la natation. » Je ne réponds pas. Je prends à deux mains la valise restante et le suis tant bien que mal. Nous nous installons sur le siège arrière, après avoir casé nos affaires dans le coffre étroit de la voiture . Mon père donne une adresse au chauffeur qui démarre. La route se fait en silence, le paysage morose de la ville défilant sous nos yeux jusqu'à ce que mon père me disent : « Ne t'inquiète pas. Tu vas te plaire, ici. » Je ne réponds pas, et tourne la tête vers la fenêtre à ma droite, de façon à ce qu'il ne puisse pas voir mon visage. Une larme roule sur ma joue. Je serre les poings, cligne des yeux rapidement, et retiens encore plus fortement la grosse boule dans ma gorge. Je n'en laisserait passer aucune autre.
Portland, Oregon – 8 mars 1998 Je regarde mon portable à nouveau. Aucun appel en absence. Je me retiens de le balancer en travers de la salle de sport, ça ne risque certainement pas de m'aider. Quoi que, ça me calmerait certainement. « Matthews ! Montre à cette bande de lavette comment un véritable homme se bat, veux-tu ? » Je lève la tête à mon nom. Mon prof de sport, Mr.Jenkins, est tellement impressionné par mes prouesses en natation, en athlétisme et dans les sports de combat que c'est limite si je ne dois pas faire le cours à sa place. Plus loin dans la salle, un ricanement retentit. Je n'ai pas besoin de diriger mon regards vers la source du rire pour savoir qui en est l'auteur. Mark Brown ne m'aime pas, ce n'est pas une découverte. A vrai dire, je crois bien que c'est comme ça depuis que je suis arrivé ici il y a 4 ans. « Et prends Brown pour adversaire. » Un ricanement parcoure l'assemblée, et Mr.Jenkins me fait un clin d'œil, m'arrachant un petit sourire, chose rare, il faut le dire. Alors que je me lève pour rejoindre le tapis au centre de la salle, on m'attrape par le t-shirt et je perds l'équilibre, penché en arrière. « Hééé ! Fait gaffe, vieux ! Je chuchote, passablement énervé : -Thomas ! Mais qu'est-ce que tu fais ?! -Flanque-lui une bonne raclée de ma part, à cet imbécile. Je lui fait un clin d'œil : -Compte sur moi. » Je me retourne et, une fois sur le tapis, me mets en place. Mark est face à moi, une lueur mauvaise dans le regard : « Je vais te faire mordre la poussière, Matthews, crache t-il. -N'y compte pas trop. Le prof donne le top départ, et Mark attaque sans attendre. Rapide, je l'évite et réplique. Cinq minutes plus tard, il est à terre, mon pieds fièrement appuyé sur sa cage thoracique. Une exclamation parcourt la salle, et mon regard en fait le tour. Très vite, néanmoins, il s'arrête sur elle. Jinx. Nos regards se croisent, et je reste scotché sur place, rougissant à vu d'œil. Pathétique. J'ai le béguin pour cette fille depuis qu'à commencer ce que les adultes appellent la puberté. Ouais, vous savez, ces choses là. Mark profite de ma déconcentration momentané pour m'attraper la jambe et retourner la situation. Stupides hormones.
Portland, Oregon – 17 juin 2000 Je consulte mes messages, ma boite vocale. Rien. Nada. « Laisse tomber, vieux. Il appèlera, j'en suis sûr. Je me tourne vers Thomas. Il est assis à mes côtés, entrain de fumer une de ses clopes. Je soupire. Il est mon plus ancien et seul ami ici. Mais malgré ça, il ne comprend pas vraiment comment est mon père. -Tu ne comprend pas. Il n'est jamais là. Le peu de fois ou je le voix, il est trop épuisé pour parler. Il rentre couvert de bleus, et je te jure que je suis sûr d'avoir aperçu une arme dans son coffre une fois. Je ne sais même pas quel est son boulot ! Il était prof, avant ! En quoi être prof t'empêche d'être chez toi 350 jours par ans, de t'occuper de ta famille ? Il arrive parfois qu'il ne rentre pas à Noël ou au jour de l'an ! Il m'a appris à me battre comme un ninja et à maitriser les armes de toutes sortes ! De l'arbalète à la mitraillette ! Et ce ne sera pas la première année qu'il oubliera mon anniversaire. Sérieusement, Thomas, il pourrait être dans la mafia ou un truc comme ça que ça ne m'étonnerait pas ! » Thomas ne réponds pas. Il ne sait pas quoi dire. Évidemment. Que répondre à ça ? Je suis désolé ? Je soupire, et consulte mon portable à nouveau. Le silence s'installe, puis, soudainement, il me donne un coup de coude dans le bras. « Héééé ! Mais que... ? Je m'écris, indigné. -Regarde qui voilà, me coupe t-il en souriant malicieusement. Je lève les yeux et sent mes genoux se ramollirent. Jinx s'approche de nous, de sa démarche aérienne, comme une apparition. Elle est belle, avec ses long cheveux noirs, ses yeux en amende qui respirent l'intelligence... Je me détourne, de peur de me trahir. -Bonne chance mon vieux, me chuchote avec un clin d'œil la grande perche que me sert d'ami. Il se lève, sans oublier de me donner une claque sensée être hyper virile dans le dos. Heureusement qu'il n'est pas aussi musclé qu'il le croit. Il se dirige en sifflotant vers Jinx, lui fait la bise, et crie haut et fort, de façon à ce que je l'entende : -Salut toi ! J'allais justement partir ! Amusez-vous bien tout les deux ! Et ne faites pas de bêtise en mon absence ! Je lève les yeux aux ciel, alors qu'elle s'approche. Je me lève maladroitement et bafouille, gêné : -Désolé... Il... Il peut être vraiment idiot parfois mais... mais il est gentil, tu sais ? Elle pouffe : -Oh je n'en doute pas ! Un court silence s'installe. Elle lève ses magnifiques yeux vers moi, et mon cœur a un raté. -Joyeux anniversaire, murmure t-elle. Elle se met sur la pointe des pieds, et ses lèvres viennent toucher les miennes. C'est un baisé doux, simple, mais c'est le plus beau que j'ai jamais vécu. Et pourtant, à 16 ans, j'ai un sacré tableau de chasse. Nos lèvres se détachent, et alors que je me penche pour l'embrasser à nouveau, elle se détourne et s'enfuie. Je reste plusieurs minutes sur place, hébété, puis je rentre chez moi. Mon père n'appèlera pas.
Banlieue de Portland, Oregon – 30 janvier 2002 Un jurons m'échappe, et je souffle sur mes mains pour les réchauffées. J'ai beau être ganté, je meurs de froid. Encore une fois, je me maudis d'avoir eu cette idée stupide. Mais le besoin de savoir est trop puissant. Ma curiosité aura ma peau. Emprunter la voiture de Thomas et suivre mon père pour savoir ce qu'il manigance, mauvaise idée. Mais il est trop tard pour reculer. Je le suis silencieusement, comme il m'a si bien appris à le faire. Ses pas me mènent dans un entrepôt moisi. Pff, tu parles d'un cliché. J'emprunte l'escalier de secours, et, une fois à l'intérieure, surplombe la scène. Mon père et un de ses amis sont face à un homme, ligoté sur une chaise au centre d'un étrange dessin. « Un pentacle. » J'écarquille les yeux. Mais qu'est-ce que... ? Je ne comprends rien. En bas, mon père et son ami sont entrains de... torturer, je ne vois pas d'autre mots, l'homme à l'aide d'eau et de... sel ? Hein ? Mais c'est quoi ce délire ? Je reste prostré dans ma cachette jusqu'à la fin. Je vois une fumée noir s'échapper du corps de l'homme ligoté, qui s'affaisse sur la chaise. Ils le détachent, et le raccompagne à la sortie. Je sors de ma cachette et dévale les marches quatre à quatre. « Explique-moi ! Je hurle à mon père qui vient de sortir. Il se retourne vers moi et pâlit : -Lu... Luke ? Mais... Qu'est ce que... ? -Ah, ça t'en bouche un coin, pas vrai ? Tu croyais quoi ? Que c'est parce que tu as oublié ma présence que je n'existe plus ? Je crache, hors de moi. -Mais... Je n'ai jamais... -Ne mens pas ! Tu n'es même pas capable de te rappeler le jours de mon anniversaire ! -Écoute... -Non ! Toi, écoute-moi ! Tu crois que tu es le seul à avoir souffert de la mort de maman ? Ce n'est pas toi qui a été arraché à sa vie par un homme devenu dingue ! Elle était ta femme, certes, mais elle était aussi ma mère ! -Tais-toi ! Tu n'as aucune idée de ce qu'il se passe ! -Tu ne me dis rien, alors ça me semble évident ! -On rentre à la maison. -Pas tant que tu ne m'auras pas dit ce que tu fiches depuis sept ans. » Il me regarde, le même regard triste que ce jour-là, il y a sept ans. Il soupire, et sans prévenir, il me raconte tout. Au début, je ne le crois pas. Et puis tout se met en place. Les messes basses, les absences, les armes, le gros sel, l'eau qu'il m'était interdit de boire, la fumé sortant du corps de l'homme... Tout prend son sens. Je comprends alors ce qu'il est arrivé à ma mère, et je me rends compte que j'aurais préféré ne rien savoir. « Je voulais t'éviter cette vie de chasseur, mais ça semble être impossible. » C'est ce jour-là que je devins un chasseur. Je me révélait très doué dans ce domaine, mais j'en souffrait. Et à la première occasion, je m'enfuis.
UCLA, Los Angeles, Californie, États-Unis – 14 octobre 2004 J'ouvre la porte de la petite maison située à 200 mètres du campus que je partage avec Jinx. Heureusement que ses parents sont riches. Elle et moi, on est ensemble depuis deux ans, et je suis toujours aussi amoureux d'elle. J'ai une belle vie, maintenant. Je suis un adulte. Grand, cheveux châtains, yeux bleus... L'américain typique, quoi. Même si je ne le suis pas, américain. Je suis étudiant à l'Université de Californie à Los Angeles, pour laquelle j'ai reçu une bourse. J'y fais des études de médecine. Ça fait plus d'un an que je n'ai pas parlé à mon père, et ma courte vie de chasseur est – je l'espère – maintenant loin derrière moi. Je secoue là tête pour m'éviter de penser à ça. « Jinx ? » Pas de réponses. Elle devrait être rentré, depuis le temps. Je parcours la maison, essaye de la joindre sur son portable. Aux bout de quelques heures, j'appelle ses parents. Elle n'est pas chez eux. Je dois me rendre à l'évidence : elle a disparu. Ses parents arrivent vite, les policiers aussi. Alors qu'ils m'interrogent, un détail près de la fenêtre attire mon attention : du souffre. Je me raidis, mortifié. Pas si loin, il semblerait.
Salem, Massachusetts, États-Unis – Aujourd'hui « Luke, tu es sûr que c'est une bonne idée ? -Écoute, je n'ai pas le choix. Tout le monde sait que Lilith à besoin de tuer treize sorcières à Salem. Les forces du mal y sont rassemblées, c'est là-bas que je dois être. De plus, il y a de grande chance que Nemesis y soit. Je ne peux pas laisser cette opportunité m'échapper. -Mais ça pourrait être dangereux ! -Comme si ce n'était pas dangereux le reste du temps. Et puis je ne serais pas seul. D'autres chasseurs y serons, ainsi que des anges. -Que vas-tu faire ? Il te faut une couverture. -J'ai mon diplôme de maître nageur, tu te souviens ? -Oui... Prends gardes à toi, mon garçon. -Toujours. » Je raccroche, un sourire aux lèvres. Toujours.
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hui
Dernière édition par Luke S. Matthews le Dim 14 Aoû - 23:18, édité 3 fois |
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